
Chaque année, c’est la même chose et cela ne va pas en s’arrangeant ! Lorsqu’un e-mail m’indique que ma facture d’électricité est disponible, mon sang se glace et mes mains deviennent moites. J’exagère ? Pas tant que cela au regard des dernières augmentations des tarifs de l’électricité et du gaz, depuis le 1ᵉʳ avril dernier d’ailleurs ! Alors quand j’entends chauffe-eau solaire, je rêve à de l’eau chaude à volonté, à des factures allégées, et à un joli pied-de-nez aux décideurs, qui nous prennent pour des vaches à lait ! Le chauffe-eau solaire, ou CESI pour les intimes, séduit de plus en plus de foyers soucieux de faire rimer confort domestique avec écologie. Capable de couvrir 50 à 80 % des besoins en eau chaude sanitaire, voire 40 à 70 % du chauffage de la maison, il fait figure de solution énergétique futée. Mais, avant de s’enflammer pour ce concentré d’énergie solaire à partir de 3 000 €, mieux vaut faire un petit tour d’horizon de ses points faibles. En effet, le chauffe-eau solaire, c’est top, mais comme tous les produits, ils possèdent aussi des inconvénients essentiels à connaître avant de céder à la tentation de l’eau chaude gratuite. Décryptage.
Inconvénient n ° 1 : le soleil, c’est bien… mais il n’est pas toujours au rendez-vous
Premier point, et pas des moindres : le chauffe-eau solaire est, comme son nom l’indique, dépendant du soleil. Et, entre nous, le soleil, ce n’est pas exactement l’ami le plus fiable qu’on connaisse. De plus, et logiquement, en hiver, sous les nuages ou après plusieurs jours de pluie, le système montre vite ses limites. La nuit aussi, sans surprise, il prend une petite pause. Résultat : il est souvent nécessaire d’installer un système d’appoint pour ne pas finir sous une douche glacée qui vous fera regretter votre bonne vieille chaudière à gaz. Pour le système d’appoint, vous pouvez conserver ou installer un ballon électrique, une chaudière ou encore une pompe à chaleur. En bref, le solaire fait le job, mais rarement en solo.
Inconvénient n° 2 : un investissement de départ qui fait grimacer le portefeuille
Même si l’on rêve tous de dire adieu aux factures salées, il faut bien admettre que le chauffe-eau solaire n’est pas donné à l’achat. Comptez de 3 000 à 6 000 € en moyenne, pose comprise, et jusqu’à 10 000 € pour les installations les plus sophistiquées. À titre de comparaison, un bon vieux chauffe-eau électrique coûte trois fois moins cher à l’achat. Certes, les économies réalisées à long terme permettent d’amortir l’investissement, mais il faut pouvoir les avancer. Et, on ne va pas se mentir : entre les travaux de toiture et les impôts locaux, tous les ménages n’ont pas ce budget sous la main.
Inconvénient n° 3 : une efficacité qui varie selon la météo… et la géographie
Si vous vivez dans la Drôme pourquoi pas, mais pour ma part, en Seine-et-Marne, je ne suis pas persuadée que le jeu en vaille la chandelle. L’ensoleillement régional influence directement le rendement du système. Les foyers situés dans le sud peuvent espérer une meilleure performance, là où ceux du nord devront compenser plus souvent avec un appoint. De même, en hiver, les besoins en eau chaude augmentent, mais l’énergie solaire disponible baisse. C’est un peu l’ironie du sort version énergétique : quand on en a le plus besoin, le soleil joue à cache-cache.
Inconvénient n° 4 : l’encombrement et l’esthétique de votre toit modifiée
On n’y pense pas toujours au début, mais un chauffe-eau solaire, cela prend de la place. Entre les capteurs solaires thermiques à installer sur le toit (souvent plusieurs mètres carrés), le ballon de stockage volumineux à caser dans la maison ou le garage, et le système de fixation, mieux vaut être sûr d’avoir un peu de marge. Côté esthétique, les panneaux ne font pas toujours l’unanimité : certains les trouvent designs, d’autres un peu trop « science-fiction ». Et, dans certaines zones classées (sites historiques, zones naturelles…), leur installation est carrément interdite sans autorisation, voire interdite tout court, près d’une église classée, ou de Notre-Dame de Paris, tiens !
Inconvénient n° 5 : une installation technique à ne pas bricoler soi-même
L’installation d’un chauffe-eau solaire n’est clairement pas accessible aux bricoleurs, même les plus avertis. En effet, son installation nécessite l’intervention de professionnels qualifiés, idéalement certifiés RGE (Reconnu Garant de l’Environnement), pour être sûr que tout fonctionne parfaitement… et pour bénéficier des aides financières. Il faut aussi penser à la maintenance annuelle, qui ajoute un petit coût régulier. Car entre nous, une fuite sur une installation solaire thermique, c’est plutôt dérangeant, comme lorsque votre chaudière à gaz avait décidé de se mettre en sécurité un 25 décembre !
Inconvénient n° 6 : des performances à relativiser… surtout en période de grand froid
Enfin, dernier point noir : la performance réelle du chauffe-eau solaire varie fortement selon la saison. L’été, tout roule (et même un peu trop parfois), mais l’hiver, les besoins explosent et la production baisse. Même avec un ballon bien isolé, il faut souvent prévoir un complément pour tenir les matins frisquets. Il ne faut donc pas s’attendre à être totalement autonome toute l’année, à moins d’habiter en Provence et de se doucher à l’eau tiède en janvier ?
Des inconvénients… mais de vrais atouts aussi
Malgré tous ces petits bémols, le chauffe-eau solaire a de solides arguments pour lui. Une fois installé et bien dimensionné, il permet de réduire considérablement les dépenses énergétiques liées à l’eau chaude, parfois jusqu’à 70 %. Il s’inscrit dans une logique de transition écologique, n’émet aucun CO₂ une fois en fonctionnement, et valorise l’habitat en cas de revente. De plus, l’État propose diverses aides financières (MaPrimeRénov’, TVA réduite, éco-prêt à taux zéro, etc.) pour alléger la facture initiale. Et, avouons-le : produire de l’eau chaude avec un simple rayon de soleil, c’est plutôt satisfaisant, presque magique.
Alors, le chauffe-eau solaire, solution d’avenir ou gadget coûteux pour écolos convaincus ? Ses nombreux avantages écologiques et économiques en font un choix pertinent à condition d’être bien informé, bien accompagné et prêt à investir au départ. Et, vous, seriez-vous prêt à sauter le pas et installer un chauffe-eau solaire à partir de 3 000 € chez vous, malgré les inconvénients que je viens de vous présenter ? Envie de réagir ? Partagez votre expérience ou posez-nous vos questions ! Merci de nous signaler toute erreur dans le texte, cliquez ici pour publier un commentaire .
Le principal inconvénient des systèmes de chauffe-eau solaires c’est que vous pouvez les construire vous mêmes… L’ association sebasol.ch en Suisse a supervisé plus de 3’000 installations et les capteurs auto-construits sont homologués et donnent droit aux subventions… Allez voir les réalisations sur le site pour vous donner une vraie idée de l’esthétique de ces installations ‘bricolées’ par leur propriétaires qui se sont appropriés leur propre production d’énergie… Inimaginable en France…
Très vrai… sauf si on peut avoir un circuit très basse pression comme dans certains pays où chaque logement possède son « château d’eau » individuel sur le toit. Les modèles à gravité sont alors incomparablement moins chers (500€ pour un très bon modèle) et d’une efficacité impressionnante.