
La société nationale russe d’énergie atomique Rosatom, par le biais de son institut de Troïtsk, a annoncé une percée majeure dans le domaine des moteurs à plasma. Ses ingénieurs affirment avoir mis au point un moteur à plasma capable de propulser un vaisseau spatial à des vitesses allant jusqu’à 100 km/s, soit 360 000 km/h. C’est 20 fois supérieur aux limites de la technologie actuelle des fusées. Au vu de cette performance sans précédent, cette technologie pourrait réduire de façon considérable la durée des voyages interplanétaires.
Révolutionner le voyage spatial
Les chercheurs russes ont justement laissé entendre que leur système de propulsion innovant pourrait permettre d’atteindre Mars en un à deux mois seulement. « Actuellement, un vol vers Mars avec des moteurs conventionnels peut prendre presque un an, aller simple, ce qui est dangereux pour les astronautes en raison de l’exposition aux radiations », a expliqué le premier directeur général adjoint pour la science à l’Institut de recherche Rosatom Alexeï Voronov. Le nouveau moteur à plasma pourrait ainsi faciliter la colonisation de la planète rouge. Pour évaluer l’efficacité de la nouvelle conception, l’équipe russe travaille à la construction d’un prototype capable de générer une poussée de 6 N. Celui-ci fonctionnera en mode pulsé-périodique et accusera une puissance d’environ 300 kW.
L’hydrogène comme combustible
Ce qui est également intéressant, c’est que ce nouveau propulseur surpasse les performances des moteurs à plasma actuels dont la vitesse tourne généralement autour de 10 km/s, la plus élevée connue étant de 50 km/s. L’une des particularités de cette technologie russe réside dans le fait qu’elle utilise de l’hydrogène comme gaz à ioniser. L’ionisation est rendue possible par un petit réacteur nucléaire embarqué qui produit l’énergie électrique nécessaire à la réaction. Le choix de l’hydrogène ne découle pas du hasard. En plus d’être l’élément le plus abondant dans l’univers, cette molécule a l’avantage d’être légère. Autant dire que le ravitaillement en la matière ne devrait poser aucun problème même à des milliards de kilomètres de la Terre.
Des tests en conditions réelles en préparation
Par ailleurs, l’utilisation de l’hydrogène réduit considérablement la contrainte thermique endurée par le moteur, ce qui devrait augmenter sa durée de vie. L’équipe de Rosatom prévoit de tester la technologie sur un banc d’essai situé à l’Institut de recherche de Troïtsk. L’installation consiste en une pièce qui fait 4 mètres de diamètre pour 14 mètres de long. Les scientifiques y reproduiront les conditions environnementales de l’espace lointain. À noter que le lancement d’un vaisseau équipé de cette technologie nécessitera tout de même l’utilisation d’un lanceur classique doté d’un moteur chimique, du moins pour le décollage. Le moteur à plasma fonctionnera uniquement lorsqu’il aura atteint son orbite cible. Plus d’informations sur le site de Rosatom. Les avancées technologiques sur les moteurs d’engins spatiaux nous permettront-elles d’effectuer des expéditions interplanétaires prochainement ? Je vous invite à nous donner votre avis, vos remarques ou nous remonter une erreur dans le texte, cliquez ici pour publier un commentaire .