La mauvaise haleine constitue une source d’inquiétude pour de nombreuses personnes. Il est effectivement gênant de recevoir des remarques sur la qualité de son souffle. Des moyens permettant de savoir si on a une mauvaise haleine existent. En 2015, le site de financement participatif Indiegogo proposait le projet Mint. Ce petit appareil connecté permet une évaluation de la qualité du souffle de la même façon qu’un alcootest. Mint propose des résultats fiables, mais son utilisation comporte des contraintes. Il faut un smartphone connecté à Internet pour connaître le résultat sur une application dédiée.
Une solution plus pratique
Des chercheurs de l’Institut supérieur de technologies de Samsung et de l’Institut supérieur coréen des sciences et technologies envisagent une solution plus pratique. Ils détaillent le développement de leur projet dans un récent article publié dans la revue scientifique ACS Nano.
La mauvaise haleine peut avoir diverses origines, mais le sulfure d’hydrogène en est principalement la cause. Un équipement de laboratoire coûteux permet la détection du gaz dans le souffle. L’équipe sud-coréenne veut proposer une alternative moins coûteuse, portable et compacte. Elle s’est penchée sur des études antérieures sur la conductivité électrique de certains oxydes métalliques.
Des gaz contenant du soufre sont capables d’agir sur la conductivité électrique de ces oxydes métalliques. Par ailleurs, une association avec des catalyseurs de métaux nobles augmente la sensibilité de ces matériaux à des gaz spécifiques.
Des nanofibres composites pour détecter la mauvaise haleine
En ayant cela à l’esprit, les chercheurs ont mélangé à parts égales du chlorure de sodium, du tungstène et des nanoparticules de platine. À noter que ce dernier est un catalyseur à base de métal noble. Le mélange a ensuite été filé électrostatiquement pour former des nanofibres composites. Après avoir chauffé ces fibres, l’équipe a obtenu la forme oxyde métallique du tungstène. La conductivité des nanofibres a diminué après exposition à plusieurs gaz à base de soufre. La réaction la plus prononcée s’est produite avec le sulfure d’hydrogène, en 30 secondes.
Jusqu’à 86 % de précision
Le prototype de ce détecteur de mauvaise haleine utilise des électrodes en or recouvertes de nanofibres. Les électrodes sont également reliées à des capteurs de pression, de température et d’humidité. L’équipe sud-coréenne a sollicité quelques volontaires pour tester son appareil. Celui-ci s’est révélé précis à 86 % pour identifier la mauvaise haleine. À noter que ce chiffre peut augmenter au fur et à mesure du développement de la technologie. Par ailleurs, la version finale pour le grand public devrait présenter un format très compact. Elle ne serait pas plus grande que le pouce d’un adulte…