
Bien qu’il soit impossible de ressentir son mouvement, la Terre tourne sur elle-même d’ouest en est à grande vitesse. Selon des chiffres publiés sur le site de la Société Astronomique du Havre, cette dernière est évaluée à 1 667 km/h au niveau de l’équateur. Pour des scientifiques de l’Université de Princeton et du JPL (Jet Propulsion Laboratory), cette rotation pourrait constituer une source d’énergie propre. Dans le but de prouver leur théorie, ils ont mis au point un dispositif capable de canaliser le champ magnétique de la Terre et il semblerait que les résultats soient positifs. En effet, ils ont réussi à générer une petite quantité d’électricité.
Un dispositif cylindrique
Dans la réalisation du dispositif capable de produire de l’électricité à partir de la rotation de la Terre, les scientifiques de l’Université de Princeton et du JPL ont conçu un cylindre constitué de différents matériaux, tels que du manganèse, du fer ou du zinc. Ils ont aussi fabriqué un plateau tournant en bois qu’ils ont installé sur un chariot IRM. D’après Christopher Chyba, un des auteurs de l’étude, cet élément en bois a été pensé pour éviter que la position du dispositif, mais aussi celle des fils et des divers instruments, ne changent durant la rotation. Le professeur a déclaré que le coût des équipements nécessaires à l’étude s’élève à environ 23 000 €. Néanmoins, il a ajouté qu’une grande partie de cette somme a été dépensée pour des approches qui auraient été superflues. Notons que les chercheurs ont commencé leur étude en 2016.
De l’électricité en quantité infime
Lors de l’essai du dispositif, les chercheurs ont opté pour une pièce sans fenêtre située dans le sous-sol de l’Université de Princeton. Selon Christopher Chyba, ils ont choisi ce type d’environnement pour éliminer tout effet photoélectrique qui peut fausser le signal électrique émis par l’appareil. Hormis la salle sans fenêtres, le groupe de scientifiques a décidé de placer les différents outils, tels que les multimètres numériques à piles enregistreurs de données, dans des boîtiers. Une fois qu’ils ont contrôlé tous les éléments qui peuvent avoir un impact sur les mesures, ils ont procédé à un test et ont remarqué une tension de 17 μV. Après le premier essai et dans l’optique de prouver que cette dernière a été réellement produite grâce à la rotation de la Terre, l’équipe a changé l’orientation de l’appareil par rapport au champ magnétique terrestre. Suite à la modification, le dispositif a cessé de produire de l’électricité.
Des résultats qui ne font pas l’unanimité
Si les chercheurs de l’Université de Princeton et du JPL ont affirmé qu’ils ont réussi à produire de l’électricité grâce à la rotation de la Terre, certains scientifiques restent sceptiques, notamment Rinke Wijngaarden. Ce physicien à la retraite a déclaré à la revue Nature qu’il n’a pas eu les mêmes résultats lors de ses expériences menées en 2018. Bien que le dispositif mis au point par les scientifiques soit intéressant, leur théorie ne parvient pas à le convaincre. De son côté, Paul Thomas, un physicien de l’Université du Wisconsin à Eau Claire, n’a pas manqué de faire part de son enthousiasme concernant les résultats de l’expérience.
Concernant leur recherche, Christopher Chyba, Kevin Hand et leur équipe ont déclaré que si les résultats sont corroborés, ils pourraient se lancer dans une étude visant à transposer l’effet à grande échelle pour produire une plus grande quantité d’électricité. Plus de détails sur l’étude sur journal.aps.org. Verrons-nous un jour un système pour produire de l’énergie à grande échelle grâce à la rotation de la Terre ? Je vous invite à nous donner votre avis, vos remarques ou nous remonter une erreur dans le texte, cliquez ici pour publier un commentaire .